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"Mon meilleur ami" vous veut du bien

L’Argentin Martin Deus a réussi un exploit : son film brille par sa simplicité. C’est d’autant plus remarquable à notre époque (de frime).

"Mon meilleur ami" vous veut du bien
Par Julien Grunberg
March 27, 2019

L’histoire est simple, basique : une famille en Patagonie accueille un adolescent, Caíto, qui va semer le trouble, et notamment chambouler le jeune aîné, Lorenzo, en proie à ses premiers émois sentimentaux et sexuels. Le thème, l’éveil du désir et l’amour contrarié d'un garçon pour un autre garçon, semble voir été vu et revu, jusqu’au récent Call me by your Name. Pourtant, la comparaison entre ce dernier et Mon meilleur ami s’arrête là. A l’image de son scénario et de son titre faussement naïf qui évoque, dommage pour nous, une chanson de Lorie, le film argentin préfère le sobre au sophistiqué. Une de ses grandes qualités tient au naturel des dialogues et des situations — et aussi à sa lumière exceptionnelle, dès la scène d’ouverture. Pas de pose ni d’artifice, encore moins de drame ajouté. On pourrait parler de pudeur dans ce film qui ne cherche pas à choquer le bourgeois, sauf qu’il fait sans cesse parler les corps dans des rapprochements tendres ou violents. La caméra se glisse, sans être intrusive, entre ses deux personnages principaux (mention spéciale à Lorenzo joué par Angelo Mutti Spinetta, auquel on prédit un grand avenir), parvenant à capter des moments furtifs et faire renaître des souvenirs, et une certaine évidence, qui font longtemps écho en soi.

En salles.